Une nouvelle région du monde : l’Asie du Sud-est, un nouveau pays, le Vietnam. Changement de décor, de climat, d’habitudes, de codes vestimentaires, d’alimentation, de monnaie. Bref, tout est à redécouvrir. C’est aussi cela qui fait la richesse d’un tour du monde, cette chance de découvrir différentes cultures dans un laps de temps assez court. Le Vietnam m’attirait depuis longtemps mais je n’en connaissais pas grand-chose. Comme à mon habitude, j’ai ouvert le Lonely Planet dans l’avion qui me conduisait à Hanoï. Histoire de savoir comment rejoindre le centre ville et chercher un hôtel. J’avais rendez-vous le soir même avec Cuong, mon contact vietnamien qui travaille dans la production des huiles essentielles. Il a été convenu que nous partions dans sa plantation le surlendemain. Il a donc profité de la journée du lendemain pour me faire une petite visite guidée d’Hanoï.
Avant de quitter la Belgique, j’avais contacté Laurent Séverac, un Français qui vit au Vietnam depuis 20 ans et travaille dans les huiles essentielles. Il est en France durant mon passage au Vietnam mais il m’avait dit que son associé, Cuong, pouvait me faire visiter leur plantation. Il y a environ 12 ans, ce dernier est entré dans la société de Laurent en tant qu’assistant. A cette époque, il ne connaissait rien aux huiles essentielles. Progressivement, il a pris des responsabilités et est devenu l’associé de Laurent. Pendant plusieurs années, ils installaient des alambics dans différentes régions du nord du Vietnam. Ils achetaient les matières premières aux paysans des environs et distillaient les huiles essentielles sur place. Ces dernières étaient acheminées à Hanoï pour être conditionnées. Elles étaient ensuite vendues en Europe et à des spas ou hôtels de luxe au Vietnam. Puis, le prix des matières premières a augmenté et ce mode de fonctionnement est devenu moins rentable. Ils ont alors décidé d’acheter leur propre plantation. Fin 2008, ils en ont trouvé une à 250km au sud d’Hanoï, non loin de la frontière laotienne. Il a été décidé que Laurent resterait à Hanoï pour s’occuper du marketing et de la prospection clientèle. Cuong, quant à lui, gérera la plantation avec sa femme, Thu. La plantation est située dans une région où on plante principalement le manioc et la canne à sucre. Ils ont alors engagés une dizaine d’ouvriers pour nettoyer le site et faire les travaux d’aménagement nécessaires aux nouvelles cultures. Mi-2009, ils ont semé leurs premières plantes aromatiques : mélisse, verveine, palmarosa, menthe, patchouli, citronnelle, gingembre, … Ils ont déjà pu distiller quelques huiles l’année dernière. Dans les semaines à venir, d’autres variétés seront plantées et une distillerie sera installée. Ils commenceront la distillation des huiles essentielles en juillet.
J’ai eu la chance de passer une semaine dans la plantation. Laurent m’avait prévenu qu’elle se trouvait dans les campagnes reculées du Vietnam. Je confirme ! Le premier café Internet est à une demi-heure de moto et le premier village à 30km. Cela concourt à en faire une expérience riche en authenticité. Des paysages aux chapeaux pointus en passant par les soupes à tous les repas, je peux dire que j’ai goûté au Vietnam de l’intérieur. Sur place, j’ai observé et je me suis imprégnée de l’atmosphère. J’ai suivi les ouvriers dans leur travail, j’ai pris des notes, des photos, j’ai partagé les repas avec eux. Thu m’a même appris à faire des Nems. Certainement les meilleurs et les plus frais que je n’avais jamais mangé. Une après-midi, Cuong m’a fait visiter les environs en moto. Nous sommes allés rencontrer une famille de paysans qui plantent la pastèque. La première question qu’ils ont posée à Cuong : « suis-je une fille ou un garçon ? ». Cela avait commencé avec un jeune homme qui avait arrêté sa moto sur le bord de la route pour poser cette même question à Cuong. Et oui, 1m80 et les cheveux courts n’entrent pas dans les standards féminins des campagnes du Vietnam. Pour en revenir à cette famille, ils ont insistés pour nous inviter à souper. Quelle ne fut pas ma surprise de les voir descendre dans la mare jouxtant la plantation et de remonter avec plusieurs poissons. Ils nous ont ensuite préparés un succulent repas. Je n’avais plus mangé d’aussi bon poisson depuis les sardines au Portugal. Les femmes étaient intriguées par cette jeune blanche qui voyage seule autour du monde. Elles ont demandé à Cuong de faire l’interprète. Elles voulaient savoir ce qu’on mange en Belgique, quel était mon travail, par quels pays je passais et quand je rentrais en Belgique, pourquoi je n’étais pas mariée et pourquoi je n’avais pas d’enfants. Ceci n’est qu’un bref échantillon des beaux moments que j’ai vécu dans les campagnes vietnamiennes. Je suis rentrée à Hanoï le sourire aux lèvres, encore touchée par l’accueil et l’hospitalité des Vietnamiens.














